Travaux 01 / 04

Que fait-on de nos morts ?

Projet de diplôme, DN MADE, École Duperré, 2025–2026

Rôle
Recherche, tissage, confection
Technique
Tissage sur métier semi-électrique et métier jacquard
Matières
Chaîne en soie noire et chaîne en coton et chanvre, trame en coton, lin et chanvre. Mycélium : reishi, pleurote rose, coprin chevelu
Format
Vêtements, panneaux tissés, installation
Contexte
Projet de diplôme, DN MADE, École Duperré
Année
2025–2026
Démarche
Wabi-sabi : l’usure et la patine comme motif

Que révèle notre rapport à la mort de notre société ?

L’exposition

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Photographies : Keis Blanchet

Sujet

Après avoir lu Sociologie de la mort de Gaëlle Clavandier, j’ai mené de longues recherches sur le sujet. J’ai interrogé un directeur de pompes funèbres et échangé avec des personnes lors d’un stage au Japon, afin de comparer les regards culturels sur la mort.

En Occident, chaque étape est désormais gérée, rationalisée, presque dissimulée. Le deuil est devenu invisible, privé et expédié. Que fait-on de nos morts ? Pourquoi les éloigne-t-on des centres-villes ?

Projet

J’ai d’abord exploré notre rapport compliqué au temps qui passe, dans un contexte où le vieillissement est devenu presque une source de honte. Comment accepter l’impermanence de toutes choses ?

En m’inspirant du wabi-sabi, j’ai choisi d’accueillir les traces du temps : des textiles tissés sur une chaîne de soie noire, où l’usure et la patine deviennent motifs.

Design funéraire

Je me suis ensuite intéressée au design funéraire, et à sa manière de réintégrer le corps au cycle du vivant.

J’ai développé un « dernier vêtement » pour le défunt, inspiré du linceul, que j’ai voulu ennoblir avec du vivant : le mycélium, teinture vivante et accélérateur de décomposition, bénéfique pour la terre.

Recherche : le mémoire

Que fait-on de nos morts ? — livre du mémoire

J’ai rassemblé cette recherche dans mon mémoire, du refus de la mort et de la professionnalisation du mourir jusqu’au design post-mortem et à la beauté de l’imperfection.

Recherche textile I — L’usure

Trouver la beauté dans l’usure, et la créer par le tissage

Recherches textiles autour de l’acceptation de la trace, avec une chaîne de soie noire, où l’usure, la patine, deviennent motifs.

Recherche textile II — Le mycélium

Tests exploratoires de croissance du mycélium sur textile

J’ai testé trois espèces sur textile — reishi, pleurote rose et coprin chevelu — en boîtes de Pétri et en bocaux, en observant comment chaque colonie gagnait et marquait les fibres.

Recherche textile III — Les fibres naturelles

J’ai tissé des échantillons sur une double chaîne en chanvre et coton, avec une trame en lin, en testant différentes armures en poches, avec des systèmes d’attache, ainsi que des armures texturées à grain, pour que le mycélium imprègne au mieux le textile.

Recherche de formes — Scans

En scannant la toile drapée, j’ai développé des vêtements inspirés du linceul. La coupe a été pensée pour être simple à enfiler sur le défunt, en intégrant des systèmes d’attache.

Les vêtements pour le défunt

Sur le mannequin, j’ai donné forme à plusieurs vêtements, de formes et d’aspects différents — drapés, capuches, liens noués —, tous pensés pour être simples à enfiler sur le défunt.

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